Déclaration du très honorable Brian Mulroney devant le Comité de l’éthique de la Chambre des communes

OTTAWA- J’ai été premier ministre du Canada de 1984 à 1993.

Durant ces années, j’ai consacré toute mon énergie et tous mes efforts à ce qui m’apparaissait comme étant le meilleur intérêt de mon pays.

Je suis fier de ce que nous avons accompli comme gouvernement.

Comme tous les dirigeants, j’ai connu ma part d’échecs, de regrets et d’erreurs.

Parmi les erreurs que j’ai commises, la deuxième la plus grave (et je n’ai que moi à blâmer) est d’avoir accepté des paiements en argent comptant de la part de Karlheinz Schreiber pour un travail qu’il m’a confié après que j’eus quitté mes fonctions. Je vous dirai aujourd’hui comment c’est arrivé.

La plus grave erreur de ma vie a été de loin celle d’avoir au départ accepté qu’on me présente à Karlheinz Schreiber. Je vais vous dire aujourd’hui dans quelles circonstances cela s’est produit.

En conséquence, il y a des gens qui se demandent si j’ai fait quelque chose de mal ou de contraire à l’éthique pendant que j’étais premier ministre ou après.

Permettez-moi de tirer les choses au clair, une bonne fois pour toutes.

1. Je n’ai jamais reçu un sou de qui que ce soit pour des services rendus à qui que ce soit en rapport avec l’achat de 34 appareils Airbus par Air Canada en 1988.
2. Je n’ai pas reçu un sou de Thyssen Industries ni de tout autre client de M. Schreiber pendant que j’étais premier ministre.
3. Je n’ai jamais eu d’avocat à Genève, ni ailleurs en Suisse, sauf pour me défendre contre des fausses accusations portées contre moi en 1995.
4. Je n’ai jamais eu de compte bancaire en Suisse.
5. Ni moi ni personne d’autre en mon nom n’a jamais demandé à M. Schreiber ou à son avocat de se parjurer ou de mentir au sujet des paiements reçus de sa part.

Je vais donc vous exposer quelques faits susceptibles de vous éclairer, puis je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.

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